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Hector de Saint-Denys Garneau

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Hector de Saint-Denys Garneau
Hector de Saint-Denys Garneau
Naissance
Montréal, Canada
Décès (à 31 ans)
Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, Canada
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Regards et jeux dans l’espace (1937)

Compléments

Lettres à ses amis (posthume)
Journal (posthume)

Hector de Saint-Denys Garneau (Montréal, - Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, ) est un poète et essayiste canadien québécois.

Biographie

Né à Montréal, issu d'une famille aisée, Garneau grandit dans un milieu cultivé — il est l'arrière-petit-fils de François-Xavier Garneau et le petit-fils d'Alfred Garneau. Il est le fils de Paul Garneau, comptable, et d'Hermine Prévost[1]. Il passe une partie de sa vie à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, au manoir Juchereau-Duchesnay, en compagnie de sa cousine Anne Hébert.

Il s'établit d'abord à Westmount, à Montréal, avec ses parents en 1923. La même année, il entreprend ses études classiques, qu'il poursuivra de façon erratique dans différentes institutions montréalaises (Collège Sainte-Marie, Collège Loyola et Collège Jean-de-Brébeuf) tout en suivant des cours de peinture au Collège des beaux-arts ; des problèmes de santé l'obligeront cependant à interrompre ses études en 1934[2].

Depuis l'âge de 16 ans, il souffre de problèmes cardiaques causés par fièvre rhumatismale. Il interrompt définitivement ses études[3].

En 1934, il fonde la revue La Relève avec Jean Le Moyne, Robert Charbonneau, Robert Élie et Paul Beaulieu. Il correspond également avec ses ami(e)s Claude Hurtubise, George Beullac, François Rinfret, André Laurendeau, Gertrude Hodge — qu’il invite aux réunions de La Relève, Maurice Hébert et sa fille Anne.

Il meurt à l'âge de 31 ans, dans la région de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, au nord de Québec, où il habitait. Son décès est dû à une crise cardiaque survenue pendant une promenade en canot. Il faisait alors escale sur la terre de Joseph-Louis Boucher pour tenter de surmonter un épuisement[2],[3].

Regards et jeux dans l'espace

Regards et jeux dans l'espace paraît en 1937. C’est le seul recueil paru du vivant de De Saint-Denys Garneau, bien que ce dernier ait publié de nombreux textes dans différentes revues, dont La Revue scientifique et artistique, La Relève, Les Idées, Le Canada, L'Action nationale, Vivre (dont il a dessiné la couverture), La Renaissance et Nous.

Garneau a construit le recueil selon un plan très minutieux : la disposition des titres et des sections n’y déterminent aucunement la disposition des poèmes. En outre, on doit constamment sortir du texte et de sa compréhension et sauter à la table des matières pour connaître les titres, les numéros ou l'ordre des poèmes, puisque dans le texte certains sont titrés, d'autres pas[4]. Ces choix ne sont nullement arbitraire[5], la table des matières de l'édition originale ayant été méticuleusement préparé par De Saint-Denys Garneau[6]

Regards et jeux dans l'espace est composé de vingt-huit poèmes et divisé en sept sections unifiées, lorsqu'on ajoute Accompagnement, non numéroté, à la fin de la septième section, intitulé Sans Titre[7]. Le recueil est soutenu, tel une nécessité vitale, par une loi indéfectible, celle de l’unité des contraires[8],[9]. Regards et jeux dans l'espace est aujourd'hui considéré comme l'un des plus importants recueils de la poésie québécoise[10],[11]

Journal et Lettres

De Saint-Denys Garneau a su dire l'essentiel en peu de mots, avec une terrifiante et admirable authenticité[12]. Dire l'essentiel puis le taire, pour nous laisser le retrouver[13]. Il a vécu intensément, surtout dans la période qui va de 1934 à 1938, durant laquelle il s'est lancé à corps perdu dans l'écriture. Et dans l'aventure prospective de la pensée : car il y a aussi un philosophe novateur en ce poète[14],[15], philosophe que l'on découvre dans ses articles (Œuvres en prose), dans son Journal (1929-1939)[16], et dans ses nombreuses et très belles Lettres[17],[18]. De Saint-Denys Garneau se révèle un épistolier remarquable, tant par la qualité que par la quantité de lettres écrites en une douzaine d'années à peine[19].

Celui que Gaston Miron considère comme « le plus grand poète québécois »[20] est lu bien au-delà des frontières canadiennes : en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, mais aussi en Hongrie, en Pologne, au Brésil, au Mexique, en Russie, au Royaume-Uni, en Italie, où ses poèmes ont été traduits[21]. Gilles Marcotte affirme en 1996 : « On peut soutenir que depuis quelques années c'est l'œuvre de Saint-Denys Garneau qui est lue avec ferveur, qui ouvre les horizons les plus larges, qui pose les questions fondamentales. Je ne suis pas loin de penser, certains jours, qu'il est notre plus grand écrivain. »[22].

Des fonds d'archives consacrés à l'auteur sont conservés au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[23] et à la Bibliothèque et Archives Canada[24].

Œuvre picturale

Hector de Saint-Denys Garneau a aussi produit une cinquantaine d'huiles sur toile, quelques portraits, mais surtout des paysages représentant la forêt, la campagne ou la ville. La plupart d'entre elles auraient été réalisées entre 1931 et 1937. Ces œuvres jettent un éclairage particulier sur ses poèmes, et inversement. D'après ses lettres, son activité de peintre occupait une grande partie de sa vie intellectuelle et créatrice; il n'a exposé que trois fois de son vivant[25].

Palmarès

  • Maison Henry Morgan, 1926
  • Association des auteurs canadiens, 1928
  • Canadian Authors Association, 1929

Notes et références

  1. http://www.saintdenysgarneau.com/biographie/
  2. a et b (fr) "Hector de Saint-Denys Garneau" dans Écrivains et écrivaines du Canada, une étude des manuscrits, des copies dactylographiées, de la correspondance, des journaux et des carnets de notes à Bibliothèque et Archives Canada
  3. a et b Biographie détaillée
  4. Modèle:S. P. Thibodeau, L’appel des mots, Lecture de Saint-Denys Garneau, L’hexagone, 1993, p.62-63
  5. Modèle:Ouellet, P. (1994). Le jeu du regard dans l’espace poétique de Saint-Denys Garneau. Voix et Images, 20(1), p. 58. https://doi.org/10.7202/201138ar
  6. Modèle:M. Biron, De Saint-Denys Garneau : Biographie, 2015, Boréal, p. 295.
  7. Modèle:Thibodeau, op. cit., p. 64.
  8. Modèle:R. Légaré, L'aventure poétique et spirituel de Saint-Denys Garneau, Fides, p.59 et 86.
  9. Modèle:Blais, J. (1984). Saint-Denys Garneau et le jeu des variantes. Études françaises, 20 (3), p. 46. https://doi.org/10.7202/036839ar
  10. Modèle:Huot, G. (printemps 2004). L’aventure artistique du peintre de Saint-Denys Garneau. Mens, vol. 4, no 2 , p. 255.
  11. Modèle:M. Biron, De Saint-Denys Garneau, Lettres, 2020, notice bio “De Saint-Denys Garneau”, dos de couverture.
  12. Modèle:Melançon, R. (2012). Poésie et vérité. Études françaises, 48, p. 13. https://doi.org/10.7202/1013331ar
  13. Modèle:F. Hébert, Saint-DenysGarneau : Regards et jeux dans l'espace, CEC, les Grands Textes de la littérature québécoise, No.1, 1996, p. 9
  14. Ibid.
  15. Modèle:Huot, op. cit., p. 234
  16. Modèle:Dumont, F. (2012). Pratiques du cahier chez Saint-Denys Garneau. Études françaises, 48 (2), p. 56 et 60. https://doi.org/10.7202/1013334ar
  17. Modèle:Hébert, op. cit., p. 10
  18. Modèle:Biron, op. cit., 2020, p. 24-25
  19. Modèle:Biron, M. (2012). L’impudeur épistolaire : sur quelques lettres inédites de aint-Denys Garneau. Études françaises, 48 (2), p. 66. https://doi.org/10.7202/1013335ar
  20. Modèle:Cité dans Huot, op. cit, p. 255
  21. Modèle:Cahiers de Saint-Denys Garneau, Mémorial, conçu et réalisé par G. Huot et B. Lacroix, Noroît, 1996, p. 8
  22. Modèle:P. Popovic, Entretiens avec Gilles Marcotte, Liber, 1996, p. 55
  23. Fonds Hector de Saint-Denys-Garneau (MSS200) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  24. Fonds d'archives Hector de Saint-Denys Garneau, Bibliothèque et Archives Canada.
  25. http://www.saintdenysgarneau.com/peinture/

Bibliographie

  • De Saint-Denys Garneau : Lettres, Édition préparée, présentée et annotée par Michel Biron, Les Presses de l’Université de Montréal, coll. bnm*, 2020, 919 p. (Ouvrage indispensable, cette nouvelle édition critique est la première disponible sur le marché.)
  • Saint-Denys Garneau, Journal, Texte conforme à l'édition critique établie par Giselle Huot, coll. « Littérature », Bibliothèque québécoise, 2020 (©1996), 479 p.
  • Hector de Saint-Denys Garneau, Extraits de lettres, Présentation thématique avec lexique par Steve Girard, Édition disponible hors commerce, Akmê, 2020, 325 p.
  • Saint-Denys Garneau, Regards et jeux dans l'espace, textes explicatifs et appareil pédagogique établis par François Hébert, coll. « Grands Textes » n°1, éditions CEC, 1996, 159 p.
  • Mémorial, Inédits de De Saint-Denys Garneau, de parents et d’amis, Conçu et réalisé par Giselle Huot et Benoît Lacroix, Cahiers de Saint-Denys Garneau, no 1, Éditions du Noroît / Fondation de Saint-Denys-Garneau, 1996, 119 p.
  • Hector de Saint-Denys Garneau, Journal 1929-1939, Québec, Nota bene, coll. «Cahiers du Centre Hector De Saint-Denys Garneau», vol. V, 2012, 615 p. (Édition de référence •épuisée• intégrant tous les textes du journal dans leur succession originale, préparée au Centre Hector De Saint-Denys Garneau de l’Université Laval. La première édition (épuisée) du journal d’où ont été retranchés les poèmes, les lettres et plusieurs passages, est parue en 1954 chez Beauchemin. L’édition Œuvres en prose reporte elle aussi la publication des poèmes et des lettres du journal).
  • Saint-Denys Garneau, Œuvres, Texte établi, annoté et présenté par Jacques Brault et Benoît Lacroix, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 1971, 1320 p. (édition de référence depuis longtemps •épuisée•)
  • Hector de Saint-Denys Garneau, Œuvres en prose, Édition critique établie par Giselle Huot, Montréal, Fides, 1995, 1183 p. Édition de référence essentielle tirée qu’à dix exemplaires - stratégie d'appropriation ? (Ce dernier volume contenait, en plus des textes déjà parus dans l’édition Brault-Lacroix, quarante-neuf textes de la période 1930-1938, dont quarante-six inédits). Malgré le travail d'édition accompli par Huot, il n'y a jamais eu d'"Œuvres" de Saint-Denys Garneau sur le marché : contrairement à ce qu'annonce jusqu'en 2012 le catalogue Fides, suite à une entourloupette promotionnelle de 1995 à 2001.
  • Hector de Saint-Denys Garneau, Poèmes et Proses (1925-1940), Avec des inédits (textes et illustrations), Choix et présentation de Giselle Huot, Montréal, Éditions de l’Outarde (épuisée), 2001, 413 p.
  • Giselle Huot, « Des femmes, des professeurs et des amis. Poème et lettres inédits de Saint-Denys Garneau », Les Cahiers d’histoire du Québec au XXe siècle, no 1 (hiver 1994), pp. 55-56.
  • Jacques Roy, L’Autre Saint-Denys Garneau. Suivi de cinq lettres inédites de Saint-Denys Garneau, Québec, Éditions du Loup de Gouttière •épuisée•, 1993, 143 p.
  • Michel Biron, « L’impudeur épistolaire : sur quelques lettres inédites de Saint-Denys Garneau », Études françaises, 48 (2), 2012, 65–91.
  • Louis Rochette, "De Saint-Denys Garneau, joyeux compagnon" ; "Le concours de photographie" ; "Les seize ours" ; "Livraison spéciale " in Mémorial, Inédits de De Saint-Denys Garneau, de parents et d’amis, Cahiers de Saint-Denys Garneau, no 1, Éditions du Noroît, 1996, p. 63-74, (Témoignage insigne d’un ami des dernières années).
  • De Saint-Denys Garneau. Nus et autres dessins inédits, conception et texte de Giselle Huot, catalogue de l'exposition, Montréal, Bibliothèque Saint-Sulpice, 2004, 30 p.
  • L’Univers de Saint-Denys Garneau. Le peintre, le critique, (54 peintures) Présentation de France Gascon, Montréal/Juliette, Boréal/Musée d'art de Joliette, 2001, 111 p.
  • Collectif, « Saint-Denys Garneau. Accompagnements », Études françaises, numéro préparé par Michel Biron et François Dumont, vol. 48, n° 2, 2012, 163 p. (http://revue-etudesfrancaises.umontreal.ca/volume-48-numero-2/).
  • Collectif, « Relire Saint-Denys Garneau », Études françaises, numéro préparé par Benoît Lacroix et Robert Melançon, vol. 20, n° 3, 1984, 127 p. (http://revue-etudesfrancaises.umontreal.ca/volume-20-numero-3/).
  • Collectif, « Hommage à Saint-Denys Garneau », Études françaises, vol. 5, n° 4, novembre 1969, p. 455-489 (http://revue-etudesfrancaises.umontreal.ca/volume-5-numero-4/).

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