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Saint-Pol-Roux

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Saint-Pol-Roux
Saint-Pol-Roux en 1937
Nom de naissance Paul-Pierre Roux
Naissance
Marseille, France
Décès (à 79 ans)
Brest, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement Symbolisme, précurseurs du surréalisme
Genres

Paul-Pierre Roux, dit Saint-Pol-Roux, né le dans le quartier de Saint-Henri à Marseille[1] est mort le à Brest, est un poète symboliste français.

Biographie

Enfance

Saint-Pol-Roux est né le dans le quartier Saint-Henri de Marseille, dans une famille d'industriels en produits céramiques. En 1872, à l'âge de dix ans, il est envoyé au collège Notre-Dame des Minimes à Lyon et en sortira en 1880 en tant que bachelier ès lettres. La même année, il s'engage pour un an dans l'armée. Sa première œuvre, Raphaëlo le pèlerin, drame en trois actes, montre son attrait pour le théâtre[2].

Années parisiennes

Portrait de Saint-Pol-Rouxpar Félix Vallottonparu dans Le Livre des masquesde Remy de Gourmont (1898).
Portrait de Saint-Pol-Roux
par Félix Vallotton
paru dans Le Livre des masques
de Remy de Gourmont (1898).

En 1882, il part s'installer à Paris et commence des études de droit, qu'il ne terminera jamais. En revanche, il fréquente le salon de Stéphane Mallarmé pour lequel il a la plus grande admiration[3].

En 1886, il fonde avec Éphraïm Mikhaël et Pierre Quillard une revue du nom de La Pléiade, mais qui ne parut que de manière éphémère[1]. Il gagne une certaine notoriété, essaie quelques pseudonymes et signe à partir de 1890 « Saint-Pol-Roux ». Il tente de faire jouer une de ses pièces, la Dame à la faux, par Sarah Bernhardt[réf. nécessaire].

Saint-Pol-Roux sera interviewé par Jules Huret, en tant que membre du mouvement symboliste[réf. nécessaire]. Il aurait peut-être participé à la Rose-Croix esthétique de Joséphin Peladan en 1890[4]. Mais apparemment, il n'y appartient pas très longtemps, car il ne figure pas parmi les signataires sur l'original du document. Saint-Pol-Roux s'est sans doute intéressé à cette audacieuse tentative littéraire, mais a dû la quitter[réf. nécessaire].

En 1891, il rencontre sa future femme, Amélie Bélorgey, décédée en 1923. À cause de difficultés financières, Saint-Pol-Roux quitte Paris[2].

L'exil volontaire

Son exil l'amène d'abord à Bruxelles, avant qu'il ne trouve une retraite paisible dans les forêts d'Ardenne. C'est là, en toute tranquillité, qu'il termine sa Dame à la faux. Après un court retour à Paris, Saint-Pol-Roux quitte la capitale définitivement en 1898. Il l'exècre pour son ostracisme et l'arrogance de la critique littéraire, qu'il ignore avec autant de superbe qu'elle le méconnaît[réf. nécessaire].

Il s'installe ensuite avec sa femme à Roscanvel dans le Finistère, où naît leur fille Divine en 1898. Cette « chaumière de Divine » devenue trop petite, il s'installe à Camaret-sur-Mer et fait de la Bretagne le centre de gravité de son œuvre, vivant des subsides que lui a assurés l'opéra Louise, dont il a rédigé le livret pour Gustave Charpentier.

En 1903, il achète une maison de pêcheur surplombant l'océan, au-dessus de la plage de Pen-Had, sur la route de la pointe de Pen-Hir. Il la transforme en manoir à huit tourelles dont la maison forme le centre et baptise la demeure « Manoir du Boultous ». À la mort de son fils Coecilian, tombé en 1914 près de Verdun, il le renomme « Manoir de Coecilian »[2], aujourd'hui en ruine. Face à la mer, l'homme est plus près de Dieu, disait-il[réf. nécessaire].

Il reçoit de nombreux artistes et écrivains comme André Antoine, Victor Segalen, Alfred Vallette, Max Jacob, André Breton, Louis-Ferdinand Céline et même, en 1932, Jean Moulin, alors sous-préfet de Châteaulin. Les membres du mouvement surréaliste le considèrent comme un prédécesseur. André Breton publie son Hommage à Saint-Pol-Roux le dans Les Nouvelles Littéraires, où il revendique Saint-Pol-Roux comme le seul authentique précurseur du mouvement dit moderne[2].

Saint-Pol-Roux a été membre de l'Académie Mallarmé de 1937 à 1940.

Mort de Saint-Pol-Roux

Dans la nuit du 23 au , un soldat allemand investit le manoir, tue la gouvernante et blesse Divine à la jambe d'une balle de révolver. Il est souvent allégué que le soldat aurait violé Divine ; elle-même l'affirme[5], mais le nie plus tard [réf. nécessaire]. Saint-Pol-Roux est blessé mais réchappe de la tragédie car le soldat allemand s'enfuit, effrayé par le chien de la maison. Il est ensuite arrêté, condamné à mort par un Conseil de guerre et fusillé. Saint-Pol-Roux, hospitalisé à Brest, a négligé de mettre ses inédits en lieu sûr. Lorsqu'il retourne à Camaret, il trouve le manoir pillé et ses manuscrits déchirés, dispersés ou brûlés. Il ne se remet pas de ce choc. Atteint d'une crise d'urémie, il est transporté le à l'hôpital de Brest. Saint-Pol-Roux, « le Magnifique », le « mage de Camaret », meurt le [2].

Le manoir de Coecilian a été bombardé en par les forces alliés, qui provoque un incendie dévastateur. Il ne reste, au début du XXIe siècle, que quelques vestiges de cette demeure.

Divine est décédée en 1985.

  • Ruines du manoir, face à la mer.
    Ruines du manoir, face à la mer.
  • Ruines du manoir côté terre.
    Ruines du manoir côté terre.

Un poète oublié

Saint-Pol-Roux représente l'archétype du « poète oublié ». C'est à ce titre qu'André Breton lui dédie le recueil Clair de terre (ainsi qu'à « ceux qui comme lui s'offrent le magnifique plaisir de se faire oublier ») et que Vercors lui dédie Le Silence de la mer (« le poète assassiné »).

De son vivant même, son œuvre reste méconnue, pourtant publiée dans la revue L'Ermitage et célébrée aussi bien par les symbolistes (notamment Remy de Gourmont) que, plus tard, par les surréalistes qui donnent un banquet à la Closerie des lilas en son honneur en 1925, lequel tourne au pugilat et dont Saint-Pol-Roux s'enfuit, effrayé.

L'universitaire Michel Décaudin raconte ainsi qu'allant lire, dans les années 1950, Les Reposoirs de la procession à la bibliothèque de l'Arsenal à Paris, on lui communiqua un volume dont les pages n'étaient pas coupées : « Il était ainsi resté en rayon plus de cinquante ans sans être consulté[6] ».

À partir de la Libération, Divine s'efforce en vain d'empêcher l'œuvre de son père de tomber dans l'oubli. Malgré les études de Michel Décaudin, la parution d'un volume dans la collection « Poètes d'aujourd'hui » chez Seghers et les émissions de Jean-Pierre Rosnay à la radio, où il fit dire quelques-uns de ses poèmes, Saint-Pol-Roux reste largement méconnu.

En grande partie grâce au travail de sauvetage, de défrichage et de publication des éditions Rougerie, pendant ces années de « purgatoire », les poèmes, essais et pièces de théâtre rescapés de la barbarie nazie sont édités ou réédités. Une masse considérable de manuscrits inédits (Le Trésor de l'Homme, La Répoétique) a survécu au pillage.

En 2009, une Société des Amis de Saint-Pol-Roux a été créée afin de mieux faire connaître et de promouvoir l'œuvre du poète.

L'œuvre de Saint-Pol-Roux

Saint-Pol-Roux a tenté de créer une œuvre d'art totale. Ce rêve de la littérature symboliste consistait à créer une œuvre parfaite répondant à tous les sens. Saint-Pol-Roux s'est donc intéressé au genre théâtral et à l'opéra, pendant ses années parisiennes. À la fin de sa vie, il s'émerveille des possibilités artistiques offertes par le cinéma.

Saint-Pol-Roux a également créé la notion d'« idéoréalisme », dans un souhait d'une fusion artistique entre le monde réel et le monde des idées, dans une perspective néoplatonicienne. Il imagine une cosmologie, où la Beauté perdue dans le monde réel doit être révélée par le poète.

Hommage

  • Saint-Pol-Roux a donné son nom à un collège public de Brest (29) : le collège Saint-Pol-Roux.
  • ... ainsi qu'à une rue dans la commune de Brest (29200), de Crozon-Morgat (29160) et dans la commune de Guyancourt (78280).
  • En 1990 pour les cinquante ans de sa mort, Saint-Pol-Roux a été célébré par Jean-Pierre Rosnay dans les ruines du manoir de Coecilian [7].
  • En , la ville de Camaret a célébré « son poète » pendant trois jours[8].
  • Chaque été, l’association Des Mots Dans Les Nuages organise un festival à Camaret, pendant lequel des poèmes de Saint-Pol-Roux sont interprétés [7].

Notes et références

  1. a et b Gérard Walch, « Nouvelles Pages anthologiques », page 398, 1910
  2. a b c d et e Théophile Briant, Saint-Pol-Roux, Paris, Éd.Séghers, coll. « Poètes d'aujourd'hui », (réimpr. 1989), 230 p. (ISBN 2-232-10209-2).
  3. Voir par exemple le texte de Saint-Pol-Roux Causerie Paris Mondial dans La Besace du solitaire.
  4. Patrick Lepetit, Surréalisme et ésotérisme, 2008, p. 74.
  5. Manuscrit autographe de Divine Saint-Pol-Roux, 5 septembre 1944. Bibliothèque Municipale de Brest, Fonds Saint-Pol-Roux.
  6. L'entière humanité dans un seul homme, et revue Vivre en Poésie, 19/20, Paris, octobre 1990, p. 21.
  7. a et b Le Télégramme de Brest, 26 juillet 2013
  8. Le Télégramme de Brest, 29 juillet 2010

Œuvres

  • Raphaëlo le pèlerin, imprimerie de H. Olivier, Paris, 1879.
Sous le nom de Saint-Paul de Roux
  • Raphaëlo le pèlerin, Pinet (Marseille) et Josserand (Lyon), 1880
Sous le nom de Paul Roux
  • Maman!, Ollendorff, 1883
  • Garçon d'honneur, Ollendorff, 1883
  • Le Poète, Ghio, 1883
  • Un drôle de mort, Ghio, 1884
  • Rêve de duchesse, Ghio, 1884
  • La Ferme, Ghio, 1886
Sous le nom de Saint-Paul-Roux
  • Bouc émissaire, s.n., 1889

Sous le nom de Saint-Pol-Roux

  • L'âme noire du prieur blanc, Mercure de France 1893
  • Les Reposoirs de la procession, vol 1., Mercure de France, 1893
  • L'Épilogue des saisons humaines, Mercure de France 1893
  • La Dame à la faulx, Mercure de France, 1899
  • Les Reposoirs de la procession, vol. I : La Rose et les épines du chemin, Mercure de France, 1901
  • Anciennetés, Mercure de France, 1903
  • Les Reposoirs de la procession, vol. II : De la colombe au corbeau par le paon, Mercure de France, 1904
  • Les Reposoirs de la procession, vol. III : Les Féeries intérieures, Mercure de France, 1907
  • Les Fééries intérieures, 1907
  • La Mort du Berger, Broulet, Brest, 1938, 69 p.
  • La Supplique du Christ, 1939.
Œuvres posthumes
  • Bretagne est Univers, Broulet, Brest, 1941
  • Florilège Saint-Pol-Roux, L'Amitié par le Livre, 1943
  • Anciennetés, Seuil, 1946
  • L'Ancienne à la coiffe innombrable, Éd. du Fleuve, Nantes, 1946
  • Août, Broder, 1958
  • Saint-Pol-Roux "Les plus belles pages", Mercure de France, 1966
  • Le Trésor de l'homme, Rougerie, Mortemart, 1970
  • La Répoétique, Rougerie, Mortemart, 1971
  • Cinéma vivant, , Rougerie, Mortemart, 1972
  • Vitesse, Rougerie, Mortemart, 1973
  • Les Traditions de l'avenir, Rougerie, Mortemart, 1974
  • Saint-Pol-Roux / Victor Segalen, Correspondance, Rougerie, Mortemart, 1975
  • La Transfiguration de la guerre, Rougerie, Mortemart, 1976
  • Genèses, Rougerie, Mortemart, 1976
  • La Randonnée, Rougerie, Mortemart, 1977
  • De l'art magnifique, Rougerie, Mortemart, 1978
  • La Dame à la faulx, Rougerie, Mortemart, 1979
  • Les Reposoirs de la procession, vol. I : La Rose et les épines du chemin, Rougerie, Mortemart, 1980
  • Les Reposoirs de la procession, vol. II : De la colombe au corbeau par le paon, Rougerie, Mortemart, 1980
  • Les Reposoirs de la procession, vol. III : Les Féeries intérieures, Rougerie, Mortemart, 1981
  • Le Tragique dans l'homme, vol. I : Les Personnages de l'individu, Les Saisons humaines, Tristan la Vie, Rougerie, Mortemart, 1983
  • Le Tragique dans l'homme, vol. II : Monodrames, L'Âme noire du prieur blanc, Fumier, Rougerie, Mortemart, 1984
  • Tablettes. 1885-1895, Rougerie, Mortemart, 1986
  • Idéoréalités. 1895-1914, Rougerie, Mortemart, 1987
  • Glorifications. 1914-1930, Rougerie, Mortemart, 1992
  • Vendanges, Rougerie, Mortemart, 1993
  • La Besace du solitaire, Rougerie, Mortemart, 2000 (ISBN 2856680658)
  • Saint Nicolas des Ardennes (version dessinée Renaud Perrin), extrait de Les Reposoirs de la procession III, Passage Piétons, 2001
  • Les Ombres tutélaires, Rougerie, Mortemart, 2005 (ISBN 2856681123)
  • Litanies de la mer, Rougerie, Mortemart, 2010 (ISBN 2856681581)
  • Sabalkazin ou la punition du sorcier (livret inédit d'un opéra-comique en trois actes et six tableaux), Société des amis de Saint-Pol-Roux, Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux, n° 5-6, (ISBN 9791095498001)
  • Quelques œuvres de Saint-Pol-Roux ont paru en Allemagne (Verlag Rolf A. Burkart, Berlin: (ISBN 3923931255) et autres)

Bibliographie

  • Louis Aragon, Saint-Pol-Roux ou l'espoir, Brest, Seghers,
  • Auguste Bergot, Le Solitaire de Camaret, Brest, Poésia, , 158 p.
  • Auguste Bergot, Épaves du Magnifique, Brest, Poésia, , 96 p.
  • Théophile Briant, Saint-Pol-Roux, Paris,
  • Paul Pelleau, Saint-Pol-Roux, le crucifié, Paris, Éd. du fleuve, , 206 p.
  • Patrick Besnier, Dominique Bodin, Marcel Burel, Françoise Daniel, Jean-Louis Debauve, Jacques Goorma, Odile Hamot, Jean-Michel Kervran, Jean-André Le Gall, Marie-Josette Le Han, Mikaël Lugan, Renée Mabin, Jean-Louis Meunier, Dominique Millet-Gérard, Jean-Luc Pestel, Georges Reynaud, Jean Roudaut, Julien Schuh, Nicolas Tocquer, Saint-Pol-Roux, Passeur entre deux mondes (Actes du colloque de Brest, 27-28 février 2009) sous la direction de Marie-Josette Le Han, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « interférences », , 258 p. (ISBN 9782753513464)
  • Odile Hamot, Obscur symbole de Lumière (Le Mystère dans la poésie de Saint-Pol-Roux), Paris, Honoré Champion, coll. « Romantisme et Modernités », , 964 p. (ISBN 9782745323132)
  • Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux n° 1-2, Les Reposoirs de la procession & la critique, dossiers de réception (1894-1920), Lons, Société des Amis de Saint-Pol-Roux, , 284 p. (ISBN 9791095498018, ISSN 1969-2293)
  • Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux n° 3-4, La Dame à la faulx & la critique, dossiers de réception (1899-1940), Lons, Société des Amis de Saint-Pol-Roux, , 302 p. (ISBN 9791095498025, ISSN 1969-2293)
  • Bruno Geneste, Paul Sanda, Saint-Pol-Roux, le Cosmographe des Confins, Rafael de Surtis, , 174 p. (ISBN 9782846724630)
  • Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux n° 7-8, La bibliothèque de Saint-Pol-Roux (essai de reconstitution), Lons, Société des Amis de Saint-Pol-Roux, , 244 p. (ISBN 9791095498032, ISSN 1969-2293)

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