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Élections législatives hongroises de 2006

Élections législatives hongroises de 2006
386 députés de l'Assemblée nationale
(Majorité absolue : 194 députés)
et
Type d’élection Élection législative
Corps électoral et résultats
Inscrits 8 046 129
Votants au 1er tour 5 457 553
67,83 %  −2,7
Votes exprimés au 1er tour 5 408 050
Votes blancs et nuls au 1er tour 49 503
Votants au 2d tour 3 257 244
64,39 %
Votes exprimés au 2d tour 3 239 752
Votes blancs et nuls au 2d tour 17 492
MSZP – Ferenc Gyurcsány
Voix 2 336 705
43,21 %
 +1,2
Députés élus 190  +12
Fidesz-KDNP – Viktor Orbán
Voix 2 272 979
42,03 %
Députés élus 164  0
SZDSZ – Gábor Kuncze
Voix 351 612
6,50 %
 +0,9
Députés élus 20  0
MDF – Ibolya Dávid
Voix 272 831
5,04 %
Députés élus 11  −13
Premier ministre
Sortant Élu
Ferenc Gyurcsány
MSZP
Ferenc Gyurcsány
MSZP

Les élections législatives hongroises de 2006 (en hongrois : 2006-es magyarországi országgyűlési választás) se tiennent les dimanches et , afin d'élire les 386 députés de la 5e législature de l'Assemblée nationale pour un mandat de quatre ans.

Alors que la participation recule légèrement, le MSZP du Premier ministre Ferenc Gyurcsány s'impose en voix pour la quatrième fois consécutive, et en sièges pour la première fois depuis 1994, frôlant la majorité absolue. Gyurcsány forme ensuite un second gouvernement de coalition avec la SZDSZ, devenant le premier chef de l'exécutif à entamer un second mandat depuis la chute du communisme.

Contexte

Lors des élections législatives de 2002, le Parti socialiste hongrois (MSZP) de l'ancien ministre des Finances Péter Medgyessy remporte une majorité relative en voix, mais est devancé en sièges par l'alliance entre le Fidesz-Parti civique hongrois (Fidesz-MPP) et le Forum démocrate hongrois (MDF), conduite par l'ex-Premier ministre Viktor Orbán. S'associant avec l'Alliance des démocrates libres (SZDSZ), dernière force politique à entrer à l'Assemblée nationale, Medgyessy accède au pouvoir à la tête d'un gouvernement de coalition.

À la fin du mois d', Medgyessy menace de démissionner si le SZDSZ continue de s'opposer au limogeage du ministre de l'Économie. Le MSZP, qui cherche à rajeunir ses dirigeants et à renvoyer le Premier ministre de plus en plus impopulaire, accepte cette démission[1]. Il est remplacé un mois plus tard par le ministre des Sports Ferenc Gyurcsány[2].

Le , l'ancien président de la Cour constitutionnelle László Sólyom, soutenu par le Fidesz, est élu au troisième tour de scrutin président de la République par l'Assemblée nationale avec trois voix d'avance sur Katalin Szili, présidente de l'assemblée parlementaire et candidate du MSZP. Ce scrutin ouvre une crise au sein de la majorité, puisque Gyurcsány s'est révélé incapable de convaincre la SZDSZ de voter en faveur de sa candidate, les libéraux faisant le choix de l'abstention en la jugeant comme une « femme d'appareil », bien qu'elle jouisse d'un haut niveau de popularité[3].

Mode de scrutin

L'Assemblée nationale (Országgyűlés) est le Parlement monocaméral de la république de Hongrie. Elle se compose de 386 députés, élus pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct selon un mode de scrutin mixte :

Pour que le résultat d'une circonscription (uninominale ou plurinominale) soit validé, le taux de participation doit atteindre 50 % des inscrits. Dans le cas contraire, un second tour est convoqué et ce quorum tombe à 25 % des inscrits. Seuls les partis ayant reçu au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau national bénéficient de la répartition des sièges de comitat et de compensation.

Les sièges de compensation sont répartis en additionnant au niveau national l'ensemble des suffrages inutiles, qui n'ont pas permis à un parti de remporter une circonscription ou un siège dans un comitat[a].

Campagne

La campagne se déroule sur fond d'inquiétudes économiques, notamment le niveau de vie et l'emploi, bien que la Hongrie connaisse une bonne croissance. Le redressement des finances publiques, notamment de la dette, s'annonce comme le principal chantier du vainqueur. Si le chef de file du Fidesz Viktor Orbán adopte un message protectionniste, le Premier ministre Ferenc Gyurcsány défend au contraire l'ouverture économique du pays[4].

Principales forces

Parti Idéologie Chef de file Résultat en 2002
Parti socialiste hongrois
Magyar Szocialista Párt (MSZP)
Centre gauche
Social-démocratie, europhilie
Ferenc Gyurcsány
(Premier ministre)
42,1 % des voix
178 députés
Fidesz-Union civique hongroise
Fidesz-Magyar Polgári Szövetség (Fidesz-MPSZ)
Centre droit
Conservatisme, démocratie chrétienne
Viktor Orbán En coalition
164 députés
Parti populaire démocrate-chrétien
Kereszténydemokrata Néppárt (KDNP)
3,9 %
0 député
Forum démocrate hongrois
Magyar Demokrata Fórum (MDF)
Centre droit
Conservatisme, démocratie chrétienne
Ibolya Dávid En coalition
24 députés
Alliance des démocrates libres
Szabad Demokraták Szövetsége (SZDSZ)
Centre
Social-libéralisme, libéralisme économique
Gábor Kuncze 5,6 % des voix
20 députés
Parti hongrois de la justice et de la vie (MIÉP)
Magyar Igazság és Élet Pártja (MIÉP)
Droite à extrême droite
Nationalisme, conservatisme
István Csurka 4,4 % des voix
0 député
Jobbik
Alliance des jeunes de droite – Mouvement pour une meilleure Hongrie

Résultats

Premier tour

Parti MU2 PR
Voix % Sièges Voix % Sièges +/-
Parti socialiste hongrois (MSZP) 2 175 312 40,26 38 2 336 705 43,21 71 en augmentation 2
Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSZ) 2 269 241 41,99 26 2 272 979 42,03 60 en diminution 4
Parti populaire démocrate-chrétien (KDNP) 2 9 en augmentation 9
Alliance des démocrates libres (SZDSZ) 340 746 6,31 0 351 612 6,50 4 en stagnation
Forum démocrate hongrois (MDF) 238 566 4,41 0 272 831 5,04 2 en diminution 1
Parti hongrois de la justice et de la vie (MIÉP) 92 798 1,72 0 119 007 2,20 0 en stagnation
Jobbik 0 0 en stagnation
Parti ouvrier (MP) 16 379 0,30 0 21 955 0,41 0 en stagnation
Autres 287 012 5,31 0 32 961 0,61 0 en stagnation
Suffrages exprimés 5 403 675 99,01 5 408 050 99,09
Votes blancs et invalides 53 878 0,99 49 503 0,91
Total 5 457 553 100 66 5 457 553 100 146 en augmentation 6
Abstention 2 588 576 32,17
Inscrits / participation 8 046 129 67,83

Second tour

Parti MU2 PR National Total
Voix % Sièges Total +/- Voix % Sièges +/- Voix % Sièges +/- Sièges +/-
MSZP 1 510 360 46,62 64 102[b] en augmentation 24 Déjà pourvus 878 324 27,20 17 en diminution 14 190 en augmentation 12
Fidesz-MPSZ 1 511 426 46,65 30 56 en diminution 20 1 332 428 41,27 23 en diminution 1 139 en diminution 25
KDNP 10 12 en augmentation 12 4 en augmentation 4 25 en augmentation 25
SZDSZ 64 501 1,99 5 5[c] en augmentation 2 551 505 17,08 11 en diminution 2 20 en stagnation
MDF 16 364 0,51 0 0 en diminution 19 467 335 14,47 9 en augmentation 7 11 en diminution 13
MIÉP 231 0,00 0 0 en stagnation 0 0,00 0 en stagnation 0 en stagnation
Jobbik 0 0 en stagnation 0 en stagnation 0 en stagnation
MP 0 0,00 0 0 en stagnation 0 0,00 0 en stagnation 0 en stagnation
Autres 136 870 4,22 1 1 en augmentation 1 0 0,00 0 en stagnation 1 en augmentation 1
Exprimés 3 239 752 99,46
Nuls 17 492 0,54
Total 3 257 244 100 110 176 en stagnation Déjà pourvus 3 229 592 100 64 en diminution 6 386 en stagnation
Abstention 1 801 758 35,61
Inscrits / participation 5 059 002 65,39

Analyse

La victoire de la coalition de centre gauche au pouvoir est, à l'époque, un fait historique puisqu'elle est la première à enchaîner un second mandat depuis la chute du communisme. Cette victoire, qui s'accompagne d'un gain de 12 députés, est mise au crédit du message réformateur et du charisme de Ferenc Gyurcsány, arrivé au pouvoir en 2004, alors que le MSZP était au plus bas dans les sondages. Son concurrence Viktor Orbán enregistre une défaite, due à la fois à la candidature indépendante du MDF et à son discours populiste et eurosceptique[5].

Conséquences

Ferenc Gyurcsány est reconduit à la tête du gouvernement, et forme un nouveau gouvernement resserré à 12 ministères, contre 14 dans le précédent, et ce afin de réduire immédiatement les dépenses de l'État. Quelques mois après le scrutin, celui-ci reconnait, à huis clos, avoir menti sur l'état des finances publiques en vue d'assurer sa réélection, mais ses propos se retrouvent sur la place publique, déclenchant une série d'émeutes à Budapest.

Notes

  1. Les suffrages inutiles de comitat s'entendent comme la différence entre le total des suffrages recueillis et le résultat de la multiplication du nombre de sièges obtenus par le quotient électoral.
  2. Dont quatre députés élus en candidature commune avec la SZDSZ.
  3. Dont deux députés élus en candidature commune avec le MSZP.

Références

  1. Véronique Soulé, « La Hongrie remercie son Premier ministre », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2020).
  2. « Gyurcsany, Premier ministre hongrois », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2020).
  3. « Le candidat de l'opposition, Laszlo Solyom, élu à la présidence hongroise au troisième tour de scrutin », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2020).
  4. « Hongrie : les élections législatives s'annoncent serrées », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2020).
  5. Véronique Soulé, « Le socialiste Gyurcsany rempile en Hongrie », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2020).

Annexes

Articles connexes

Lien externe

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