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Aquilin Ullrich

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Aquilin Ullrich
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Biographie
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StuttgartVoir et modifier les données sur Wikidata
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Aquilin Ullrich, né le  à Dillingen, et mort le  à Stuttgart, est un médecin allemand impliqué pendant le Troisième Reich dans le programme nazi « d'euthanasie », actif dans le centre d'extermination de Brandebourg-sur-la-Havel et à la direction de la centrale de l'organisation T4.

Jeunesse

Ullrich naît dans une famille catholique et monarchiste. Son frère devient également médecin, ses deux sœurs infirmières.

Il commence des études de théologie avant de se tourner vers la médecine. Il rejoint en le Nationalsozialistischer Deutscher Studentenbund et la SA, puis s'engage pour une année dans la Reichswehr.

Ullrich étudie à Munich puis, en 1935, à Würzburg. Il y quitte la SA et intègre le Deutsches Jungvolk des Jeunesses hitlériennes. Poursuivant ses études à l'université de Fribourg-en-Brisgau, il adhère au NSDAP le et y rencontre Werner Heyde.

Rôle dans l'Aktion T4

Ullrich devient médecin à la suite d'une procédure accélérée le . Heyde, devenu à Berlin le médecin en chef du programme « d'euthanasie » le recommande en mars 1940 auprès de l'organisation T4. Ullrich est ensuite le second de Irmfried Eberl, à Brandenbourg-sur-la-Havel, du à .

Il décrit plus tard, lors de son procès, ses missions : « Je devais assister le docteur Eberl dans l'ensemble des missions pour lesquelles la présence d'un médecin était préconisée. Cela comprenait l'inspection des patients dénudés dans l'antichambre de la chambre à gaz, et ensuite leur exécution ».

La visite des patients avait pour but de « remarquer et noter des caractéristiques notables permettant d'établir plus tard une cause du décès »[1]. Ullrich était également chargé de rédiger, sous le pseudonyme du docteur Schmitt, les « lettres de compassion » envoyées aux proches des défunts[1].

Ullrich recommande à Heyde ses condisciples de Fribourg et Würzburg, Heinrich Bunke et Klaus Endruweit, fin . Bunke travaille à Brandebourg dès , et Ullrich rejoint alors l'organisation T4 à Berlin, où il prépare notamment une « loi sur l'euthanasie », qui n'est jamais publiée. Ullrich participe à la commission médicale chargée de recenser les patients de l'institut de Bethel en [2]. Il est promu docteur en médecine l'été 1941 à Würzburg. 

Il quitte la centrale de l'organisation T4 en , travaille ensuite à l'institut de pathologie de Munich jusqu'en , puis sert dans la Wehrmacht.

Après la guerre

Ullrich s'évade de la captivité américaine en 1945. Il apparaît avec de faux certificats en Sarre en 1946, où il travaille comme mineur.

Il obtient en 1949 un poste d'assistant dans une clinique de Stuttgart grâce à son ancien professeur d'université, puis s'installe comme obstétricien en 1952. Les liens avec le personnel du programme « d'euthanasie » subsistent, et Ullrich rencontre à Stuttgart Werner Blankenburg, qui s'y dissimule sous la fausse identité de Werner Bieleke.

Arrestation et procès

Le nom d'Ullrich est mentionné par de nombreux témoins lors de l'enquête sur Werner Heyde.  Il est arrêté le , libéré sous conditions le , alors qu'il a admis son activité dans le centre d'extermination de Brandebourg. Il pratique à nouveau comme médecin.

Le procureur de Francfort porte plainte le contre les médecins de l'organisation T4 Ullrich, Bunke, Borm et Endruweit pour « avoir chacun tué plusieurs milliers de personnes avec préméditation, de manière cruelle et insidieuse et pour de bases motivations ». Le procès devant la Cour d'assises de Francfort débute le

Le tribunal constate la complicité d'Ullrich dans le meurtre d'au moins 1815 patients, dont 210 tués de sa propre main. Il est cependant acquitté comme l'ensemble des accusés, au motif de l'erreur sur l'illéicité.

Le verdict est annulé le [3] par la Cour fédérale en raison de contradictions fondamentales. Un nouveau procès doit débuter le , et Ullrich dépose le 6 une expertise médicale témoignant d'un stress important, qui le rend inapte à un procès. Ullrich peut poursuivre son activité médicale jusqu'en 1984.

Il est à nouveau entendu par le tribunal de district de Francfort à partir du , au rythme de deux heures par semaine, et condamné le à quatre années de détention pour complicité de meurtre dans au moins 4500 cas. La Cour fédérale réduit la peine en 1988 à trois années, en considérant que la complicité de meurtre ne pouvait être prouvée que dans 2340 cas[4]

Ullrich est libéré après 20 mois d'incarcération, et meurt le

Notes et références

  1. a et b « Euthanasie », Die Zeit,‎ (ISSN 0044-2070, lire en ligne, consulté le 4 janvier 2017)
  2. Klee „Euthanasie im NS-Staat“ page 320ff.
  3. 2 StR 353/68
  4. L'historien Ernst Klee commente ainsi :« L'auteur d'un homicide est condamné à la prison à vie. Lors de complicité de meurtre de masse, il semble qu'on obtienne un rabais à proportion ».

Bibliographie

  • Ernst Klee: „Euthanasie“ im NS-Staat, Fischer-Taschenbuch, Francfort 2004, (ISBN 3-596-24326-2)
  • Ernst Klee: Was sie taten – Was sie wurden. Ärzte, Juristen und andere Beteiligte am Kranken- oder Judenmord, Fischer-TB, Francfort 2004, (ISBN 3-596-24364-5)
  • Ernst Klee: Aquilin Ullrich dans: Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945, Fischer-Taschenbuch, Francfort 2005, (ISBN 3-596-16048-0), p. 12
  • Henry Friedlander: Der Weg zum NS-Genozid. Von der Euthanasie zur Endlösung. Berlin, Berlin-Verlag, 1997. (ISBN 3-8270-0265-6)


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