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Histoire de la Louisiane

Carte des États-Unis, où figure en rouge l'actuel État de Louisiane.
Carte des États-Unis, où figure en rouge l'actuel État de Louisiane.
Territoires contrôlés par la France entre 1534 et 1763.
Territoires contrôlés par la France entre 1534 et 1763.

L'histoire de la Louisiane remonte à la période amérindienne. S'ensuit la colonisation européenne, principalement française, jusqu'à la perte de la Nouvelle-France par Louis XV puis, après la récupération de la Louisiane occidentale, sa vente en 1803 par Napoléon Ier aux États-Unis d'Amérique nouvellement créés.

Les Amérindiens

Les Amérindiens sont les premiers habitants de la région. Ils vivaient des ressources de la pêche, de la chasse et de l'agriculture.

L'arrivée des Européens signifia leur déclin, notamment démographique par les contaminations virales (variole). Les Atakapa résidaient et résident dans le sud-ouest, soit dans les paroisses d'Ibérie, de Saint-Martin, de Sainte-Marie, de Vermilion, de l'l'Acadie (Acadia), de Caméron, de Jefferson Davis, de Lafayette et de Calcasieu. Les Chitimachas résidaient et résident dans le sud-est, soit dans les paroisses d'Ibérie, de l'Assomption, de Sainte-Marie, de Saint-Martin, de Terrebonne, de Lafourche, de Saint-Jacques, de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Charles, de Jefferson, d'Orléans, de Saint-Bernard, et des Plaquemines. Les Bayougoulas, l'une des nations Choctaw, étaient disséminés dans les paroisses de Sainte-Hélène, de Tangipahoa, de Washington, de Bâton-Rouge Est, de Paroisse de Bâton-Rouge Ouest, de Livingston et de Saint-Tammany. Les Houmas se trouvaient sur les paroisses de Félicianne et de la Pointe-Coupée. La localisation originelle est à 160 km au nord de la ville d'Houma. L'expansion coloniale poussait les Houmas de plus en plus vers cette ville. Les Houmas actuels sont majoritairement bilingues anglais/français cadien et se trouvent le long de la côte des paroisses Terrebonne et Lafourche. Certaines zones des paroisses des Avoyelles et de Concordie au bord du Mississippi étaient peuplées par les Avoyelles et les Natchez. Les Tunicas résident au nord-est, dans les paroisses des Tensas, de Madison, d'East Caroll et de West Caroll. Les autres régions du nord et du centre de l'État étaient peuplées par la nation Caddo[1].

L'exploration et l'expansion coloniale européennes

À partir du XVe siècle et du XVIe siècle, les puissances européennes sont en quête de nouveaux territoires pour affirmer leur puissance d'une part, et pour disposer de nouvelles ressources (naturelles, humaines, etc.) d'autre part. Le « Nouveau Monde » est alors peu exploré et encore peu habité, ce qui conduit à faire venir dans cette région de nombreux explorateurs et colons européens. Se mettent alors sur pied des colonies, et la Louisiane, cet immense territoire et ce carrefour commercial entre le Canada, les Grands Lacs et le golfe du Mexique, devient l'objet des prétentions françaises et espagnoles en Amérique.

La Louisiane française

Malgré sa découverte très tôt par l'explorateurs Cavelier de la Salle, venu de la Nouvelle-France explore le bassin du Mississippi jusqu'à son embouchure et donne en 1682 à cet immense territoire le nom de Louisiane en l'honneur du roi de France, Louis XIV le territoire reste inhabité par les Blancs jusqu'au XVIIIe siècle. Il est pourtant immense et s'étend des Grands Lacs jusqu'au golfe du Mexique, incluant dès lors une bonne partie de ce qui allait devenir le centre-ouest des États-Unis, dont dix États américains actuels (Arkansas, Dakota du Sud, Dakota du Nord, Iowa, Kansas, Missouri, Montana, Nebraska, Oklahoma, et la Louisiane actuelle) ainsi que des parcelles des futurs Colorado, Wyoming, Minnesota et Texas.

La Louisiane n'a ainsi toujours que 200 habitants en 1708[2], dont une moitié de soldats[2]. En 1712 le Roi la vend à Antoine Crozat sous la forme d"une concession de 15 ans[2]. Il créé la Compagnie du Mississippi, y introduit des esclaves noirs et fonde en 1714 les Natchitoches avec Louis Juchereau de Saint-Denis puis en 1716 le Fort Rosalie à Natchez puis la revend après seulement 5 ans, à la mort de son protecteur Louis XIV[2].

Les explorations sans lendemain

La Compagnie du Mississippi a ensuite fondée en 1718 La Nouvelle-Orléans, baptisée ainsi en l'honneur du régent Philippe d'Orléans. Elle devient capitale de la Louisiane en 1722, tandis qu'en 1719 Jean-Baptiste Bénard de la Harpe remonte la Rivière rouge, fréquente les Comanche) puis explore l'Oklahoma et une partie du Colorado. Une autre expédition rencontre les Indiens Canzes (Kansa) et signe un traité de paix avec les belliqueux Padoucas. Entre-temps, la Compagnie du Mississippi envoyé 7000 colons Blancs[2], surtout des Alsaciens, au cours de ses 4 premières années d'existence[2], grâce à des publicités, dont environ un sixième de soldats[2]. Mais ils ne restent pas et les maladies les déciment[2].

L'exploitation du plomb, nouvel échec

Le relais doit être pris en 1723 par une Compagnie des Indes française qui avec soldats et colons explore et développe son activité commerciale jusqu'en 1731, en cumulant les échecs[2]. Environ 5800 esclaves noirs y sont envoyés entre 1719 et 1732[2], date où ils sont deux fois plus nombreux que les Blancs[2], mais leur présence ne suffit pas à exploiter le très important gisement des mines de plomb du sud du Missouri, identifié 15 ans plus tôt par le missionnaire jésuite canadien Jacques Gravier, susceptible d'apporter aussi des sous-produits recherchés, comme l'argent-métal. La Compagnie d'Occident et son directeur des opérations minières Philip François Renault, arrivent en 1720 au Pays des Illinois, avec 200 travailleurs et mécaniciens et 500 esclaves de Saint Domingue pour travailler dans ces mines. Les gisements de plombs, nombreux mais éloignés, resteront pour beaucoup superficiels et en friche autour de Saint-Louis, car trop dispersés et exposés à des raids amérindiens récurrents. Ils fondent en 1720 le village de Bonne Terre puis en 1723 le village de Saint-Philippe. Sainte-Geneviève (Missouri) nait au milieu des années 1730 fondé par des Canadiens français, comme port fluvial pour le transport de plomb, utilisé comme matériau de couverture. Philip François Renault repart en France en 1749 et y cède ses droits miniers.

Ce n'est qu'en 1773 que Francois Azor, alias Breton, découvrira un nouveau filon, appelé "la mine à Breton", qui attire les mineurs des autres sites proches[3]. Les deux décennies de la fin du XVIIIe siècle verront de nouveaux arrivages de Français du Missouri dans le secteur de "La Vieille Mine", près de la ville de Potosi dans le sud-est de l’État. La "mine à Breton" compte déjà 26 familles françaises pour l'exploiter en 1804[3] mais il faudra attendre 1818 pour que le site compte 70 bâtiments[3].

La Révolte des Natchez

L'exploitation sévère des esclaves par les Français inquiète les Amérindiens, qui participent à la Révolte des Natchez, dès novembre 1729, quand les plantations du Nachez District, aux alentours de Fort Rosalie, où travaillent 430 Blancs et 289 Noirs sont encerclées. Les Indiens qui avaient été réduits en esclavage à la fin du siècle précédente dans l'arrière-pays de la Caroline du Sud par des trafiquants de peaux de daims se sont alliés avec les esclaves noirs travaillant dans le Natchez District.

Cet assaut cause la mort de 248 colons français, soit les trois quarts des Blancs, les Indiens enmenant les autres comme prisonniers. Plusieurs expéditions punitives y répondent. Dès l'année suivante, c'est la vengeance du massacre de Natchez en 1730, quand le fort des Natchitoches est assiégé 22 jours par une bande de guerriers Natchez survivants. Son commandant Louis Juchereau de Saint-Denis ne répond pas à leur attaque. Exaspérés, les Natchez brûlent vive une femme française, provoquant une sortie de 140 hommes dont 40 soldats blancs et 100 Amérindiens alliés.

La bataille de la Colline Sang pour Sang s'engage : 92 guerriers et 4 de leurs chefs sont tués. Les survivants sont poursuivis jusqu'au bord d'un lac aujourd'hui à sec, à Derry près de Clouterville. Ils sont alors exterminés par les Français et en 1731 avec 427 Natchez emmenés à Saint-Domingue, les autres massacrés, les survivants se fondent dans les Creeks.

Les conflits entre européens

Résultat des terribles guerres indiennes, en 1732, la Louisiane ne compte plus que 1720 blancs[2], dont la moitié à la Nouvelle Orléans[2]. En 1739, quand l’Angleterre déclare la guerre à l’Espagne, les Georgiens et habitants de la Caroline du Sud échouent à s’emparer de la ville espagnole de Floride, Saint Augustine[2], mais repoussent une tentative d’invasion espagnole[2]. En 1743, la France déclare la "guerre du Roi George" à l’Angleterre[2] et ses corsaires attaquent la Caroline du Sud, où le gouverneur James Glen échoue à convaincre les Cherokees et les Creeks de l’aider[2] mais reçoit le soutien, côté Choctaw du chef Red Shoes, pour évincer la France de la Louisiane[2]. La tentative de James Glen de monopoliser le commerce avec eux fait échouer l'affaire[2] et diminue encore le crédit des Blancs auprès des Indiens.

En 1746, la colonie française de Louisiane ne compte au total que 3200 blancs et 4700 noirs[2], bien qu'un seul navire négrier y ait accosté[2], après quinze années d'accroissement démographique naturel des esclaves[2].

La Guerre de Sept Ans

Les Virginiens précèdent la guerre de Sept Ans en 1754, en envoyant une expédition, qui échoue à capturer un fort français à la jonction de la rivière Ohio et du Mississipi[2], au cours de laquelle George Washington agit pour son intérêt personnel car il est investisseur dans la Ohio Company[2], qui avait reçu une concession de 200000 acres sur la rivière[2]. Nouvel échec pour une opération similaire l’année suivante, du général britannique Edward Braddock[2], avec le même George Washington aux commandes des troupes de Virginie[2]. Autre prémice de la guerre de Sept Ans, au cours de la même année 1755, la Déportation des Acadiens de Nouvelle-Écosse dont 300 sur 15000 atterrissent rapidement vers la Louisiane, rejoints par les 1200 acadiens déportés vers le Maryland et la Pennsylvanie quelques années plus tard. C'est à cause de la provenance de ces immigrants que les Louisianais français dans l'ensemble ont plus tard été appelés Cadiens et Cajuns.

Par la suite, les colons du Sud des Etats-Unis ont joué relativement peu de rôle dans la guerre pendant les quatre années suivantes[2], et ensuite la Caroline du Sud s’est enlisée dans un conflit indien à sa frontière : en 1760 et 1761, ses colons détruisirent les villages cherokees[2]. Après avoir perdu entre 5000 et 10000 habitants sur 20000, les tribus Cherokees attaquées acceptent les conditions d’un traité[2], mais refusèrent de livrer quatre chefs pour exécution[2], laissant un climat d'insécurité[2]. La Floride espagnole, voisine, est plus en sécurité[2] car elle ne compte que quelques centaines d'esclaves[2] et accueille les fugitifs qui se convertissent au catholicisme[2] tandis qu'une village fortifié d'ex-esclaves libres de 100 habitants[2], "Mose" y est toléré[2]. La Louisiane n'a toujours qu'environ 5000 esclaves en 1760, autant que de colons Blancs[2], mais aucune culture n'importante n'y a trouvé un marché extérieur[2] et aucun esclaves n'y a été importé depuis 1731[2].

Le traité de 1763 permet à la Grande-Bretagne de prendre[2], de fait[2], le contrôle de la Floride[2] et à une Espagne affaiblie[2] de s'emparer quand même d'une Louisiane enclavée et quasi-déserte. Les Cherokees, les Choctaws, les Chickasaws et les Creeks sont à partir de cette date affaiblis[2] parce qu’ils ont désormais beaucoup moins de capacité à jouer des rivalités entre européens[2].

Chronologie

La Louisiane espagnole et Anglaise

Le traité de Paris, la France cède à l'Angleterre la partie orientale de la Louisiane. La partie occidentale, déserte, devient espagnole. Les Indiens houmas, francophones, sont repoussés vers l'extrême sud, dans la paroisse de Lafourche où ils deviennent proche des Acadiens qui s'installent en Louisiane, bien souvent sans savoir que le territoire n'est plus français. Denis-Nicolas Foucault les installe dans les prairies des Attakapas avec les familles créoles récemment arrivées de Fort Toulouse et de Mobile.

Une nouvelle vague d'Acadiens

Une nouvelle vague d'Acadiens, plus importante arrive de France vingt ans plus tard, quand la poussée démographique côté Anglais et la pénurie de coton causée par la Guerre d'indépendance des Etats-Unis et les progrès techniques dans l'industrie textile de Manchester cause une spéculation intense sur les rives du Mississippi et de la rivière Tombigbee. Des aventuriers montent des opérations dans ce sens, comme le général James Wilkinson qui démissionne en 1782, accusé de corruption, devient Brigadier-général de la milice et député de Pennsylvanie puis déménage dans le district du Kentucky en 1784, où il réclame l'indépendance de la Virginie. En 1784 c'est la spéculation immobilière dite du Yazoo Land ou comté Bourbon, dans le District de Natchez, où un recensement fait état de 1 500 habitants Anglais devenus Américains après la Guerre, dont 498 esclaves noirs. La même année les Espagnols vont chercher en France 1 598 Acadiens qui s'y étaient réfugiés, pour coloniser l'extrême-sud de la Louisiane et assécher les marais par la technique des aboiteaux[4]. Les transactions avec Charles Gravier de Vergennes aboutissent en  : les frais de transports seront payés par l'Espagne, la France réglera ses arriérés de pensions aux Acadiens. Sept navires vont être armés et partir de Nantes en 1785 vers la Nouvelle-Orléans. Les Acadiens, appelés aujourd'hui les Cajuns, ont été transportés ainsi sur le Bon Papa et le Saint-Rémy armés par Jean Peltier Dudoyer, la Bergère armée par Joseph Monesron Dupin, la Caroline, commandée par Nicolas Baudin, le Beaumont, l'Amitié et la Ville d'Arcangel.

Cette population renforcée, même si elle reste à l'extrême-sud, permet aux Espagnols de faire de la Louisiane une zone tampon entre les possessions espagnoles du Mexique et les USA car en 1785 La Nouvelle-Orléans n'a toujours que 4 985 habitants, pour un total de seulement 32 000 habitants pour toute la Louisiane, alors espagnole et englobant la partie occidentale de la Floride, en particulier le secteur de Biloxi[5].

Poussée démographie et impact de la Révolution haïtienne

La spéculation sur les riches terres agricoles du Natchez District, à 400 kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve, s'intensifie en 1785 quand le gouverneur de Géorgie George Mathews signe le Bourbon County Act qui organise l'attribution de terres le long du Mississippi et des Yazoo River, autour du site actuel de Natchez. C'est le début du Scandale de Yazoo Land dans lequel est impliqué le général James Wilkinson, déjà actif dans les spéculations au Kentucky et en 1786, Esteban Rodríguez Miró, gouverneur espagnol de Louisiane interdit l'importation d'esclaves nés dans la Caraïbe (la limitant à ceux qui venaient d'Afrique). En 1790, il interdit plus particulièrement d'en importer des îles françaises. Dans un mémoire, Pierre-Louis Berquin-Duvallon explique que ceux nés aux Antilles sont « plus vicieux et débauchés »[6].

Lors de la Révolution haïtienne qui démarre en 1791 et dans les années suivantes, plus de 15 000 Blancs fuient et deviennent les réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique et à Cuba. Une partie vont en Louisiane en plusieurs vagues. Dès 1794 Le Moniteur de la Louisiane, est le premier journal francophone publié en Louisiane, par Louis Duclot, qui joue un rôle moteur dans l'histoire de la presse francophone en Louisiane. En 1795 c'est la mort de 25 esclaves dans une révolte inspirée par celle de Saint-Domingue, à Pointe Coupée[7].

Chronologie

La Louisiane à nouveau française

Le boom du coton s'amplifie

Pendant les trois années qui voient la Louisiane à nouveau française, la culture du coton continue à progresser et ne fait que doper la valeur des terres cette fois des deux côtés du Mississippi car il apparait que si la Louisiane est à nouveau française, c'est temporaire et permet de réaliser une très importante plus-value à Napoléon. Ainsi en 1800, c'est la restitution secrète par l'Espagne de la Louisiane à la France dans le cadre du traité de San Ildefonso, négocié par Napoléon, qui vient d'arriver au pouvoir. Mais en 1800 aussi, la zone de culture de coton appelée le Natchez District, a déjà 6 587 habitants à elle seule, en rive orientale du fleuve, dont 2 987 esclaves, +50 % en deux ans.

L'importation d'esclaves à nouveau autorisée

Conséquence de l'achat français, l'importation d'esclaves, réautorisée en Louisiane après avoir été réclamée par les planteurs à la fin de l'époque espagnole, inquiète aussi d'autres planteurs. Certains craignent l'arrivée d'esclaves martiniquais, jugés indociles. D'autres sont pour, par solidarité avec les planteurs martiniquais. Dans un mémoire, l'un d'eux, très influent, Pierre-Louis Berquin-Duvallon juge en 1802 les esclaves nés aux Antilles « plus vicieux et débauchés »[6]. La Louisiane n'est alors plus espagnole et n'englobe donc plus la partie occidentale de la Floride et le secteur de Biloxi. Ce sont les terres à l'ouest du Fleuve que les USA achètent en 1803 à prix d'or et ils vont rapidement s'emparer de celles au sud-est, comme la Floride et le futur Alabama, via l'épisode de la République de Floride.

Chronologie

  • 1800 : restitution par l'Espagne de la Louisiane à la France;
  • 1800 : l'importation d'esclaves, réautorisée en Louisiane;
  • 1800 : le Natchez District, a 6 587 habitants à lui seul, dont 2 987 esclaves, +50 % en deux ans;
  • 1802 : la libre navigation suspendue sur le Mississippi;
  • 1802 : la libre navigation restaurée après la colère des résidents anglophones du Natchez District[7];
  • 1803 : l'expédition de Saint-Domingue lancée par Napoléon tourne au fiasco;
  •  : Napoléon vend la Louisiane pour 15 millions de dollars aux États-Unis, qui doivent s'endetter lourdement;
  • 1803 : l'échec de expédition de Saint-Domingue s'achève par une vague d'immigration française en Louisiane;
  • 1804 : La Nouvelle-Orléans a doublé sa population en vingt ans avec 8 056 habitants. Total de 49 073 habitants pour toute la Louisiane[5].

XIXe siècle, la Louisiane américaine

Une carte du territoire de la Louisiane, telle qu'elle existait en tant que territoire de la Nouvelle-Espagne à partir de 1763 grâce à son transfert à Napoleon, empereur des Français en 1803 et sa vente presque immédiate aux Américains, après seulement trois ans de détention. Seule une petite partie de ce vaste territoire deviendra plus tard le futur État américain de la Louisiane à l'extrême sud. L'année d'après la transaction, en 1804, la Louisiane est divisée en deux territoires, celui de La Nouvelle-Orléans et celui qui englobe le reste de la Louisiane[7].

L'importation d'esclaves à nouveau interdite

Dès sa nomination, le nouveau gouverneur américain Isaac Brigg y interdit la traite négrière et le congrès des États-Unis lui emboîte le pas en 1806. Il s'agit en particulier d'éviter l'importation d'esclaves des Antilles qui inspirent l'inquiétude. Lors du siècle précédent, les Français avaient renoncé à y recourir en Louisiane en raison de la très violente Révolte de Nachez qui avaient vu des esclaves noirs aider les Amérindiens à encercler les plantations françaises. Les planteurs vont alors acheter des esclaves au XIXe siècle sur le marché des planteurs de Virginie qui depuis 1795 abandonnent une culture du tabac trop peu rémunératrice pour financer l'entretien et la surveillance des esclaves.

Une expansion immédiatement très rapide

Le Mississippi n'en est pas moins devenu une zone de dynamisme économique et d'inventions. Dès 1805, Samuel Brigg, le frère du gouverneur américain Isaac Brigg vend son premier bateau à vapeur tandis que Benjamin Latrobe a créé une pompe à eau à vapeur. En quatre ans, le trafic sur le Mississippi augmente de 115 % pour dépasser 1 600 navires par an. Verrou de la navigation et futur grand port, là La Nouvelle-Orléans connait une croissance forte. Si le le recensement ne fait état que de 8 475 résidents permanents , dont 3 551 Blancs (41,9 %), 1 566 libres de couleur (18,5 %) et 3 105 esclaves (36,6 %, les années qui suivent, notamment après les émeutes anti-françaises de mars 1809 à Cuba, la Louisiane voient arriver plus de 10 000 réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba, selon Carl A. Brasseaux, historien et directeur du centre d'études louisianaises de Lafayette. Non loin, à Cuba, les quinze années qui ont suivi 1792, date de l'introduction du commerce libre, ont fourni plus d'esclaves que les deux siècles et demi précédents.

Les années 1810

La zone agricole cotonière du Natchez District, à 500 kilomètres au nord, sur le Mississippi, dans le futur Etat du Mississippi a déjà 28 787 habitants à lui seul en 1810, soit un quadruplement en une décennie[8]. La moitié du total de la population de la Louisiane vit alors déjà dans le Natchez District.

Cette expansion de la population fait que la Louisiane remplit rapidement les critères pour petre admise au sein de l’Union, le , devenant ainsi le 18e État américain. À cette époque, la Louisiane était le premier et le seul État de l’Union dans lequel un groupe non anglophone, les descendants d’Acadiens — les Cadiens — et de Français et d'Espagnols — les Créoles —, constituait une majorité linguistique. Grâce au juriste Louis Moreau-Lislet, un Code civil plus complet (que le précédent basé sur la Coutume de Paris) reposant sur le Code Napoléon fut adopté par le législateur du nouvel État. Ce code avait été rédigé en français, puis traduit en anglais. Le texte français prime encore aujourd'hui en cas de problèmes d'interprétation de la version anglaise.

Entre-temps toute la région est animée par des conflits avec les planteurs d'origine française et de la spéculation immobilière, qui en 1810 déclenchent sur les terres espagnoles la proclamation de la République de Floride occidentale tandis qu'en 1811 la milice a réprimé brutalement une insurrection dans la paroisse Saint-Charles, la Révolte de La Nouvelle-Orléans.

C'est aussi l'époque de la Guerre de 1812 à nouveau menée contre les Anglais. Son temps fort dans la région est en 1815 la bataille de La Nouvelle-Orléans gagnée par le général Andrew Jackson avec l'aide du pirate Jean Laffite[7]. Au cours de la même année 1815, l'empereur français Napoléon abdique. Charles Lallemand et un groupe d'officiers napoléoniens créent la Vine and Olive Colony dans le futur État de l'Alabama sur 370 kilomètres carrés. Cent vingt d'entre eux créent une autre colonie, près de Galveston dans le futur État du Texas.

La Guerre de Sécession

en 1861, l'État refuse de libérer ses esclaves qui travaillaient dans les plantations et assurent les richesses des blancs. En 1862, les troupes fédérales entrent en Louisiane et commencèrent à investir les forts Pike, Jackson et St. Philip. Après la guerre de Sécession, la Louisiane tout entière est parcourue de bandes armées qui fouettaient, battaient ou tuaient des Noirs impunément. Selon le général Philip Sheridan, gouverneur militaire de la région, plus de 3 500 Noirs sont massacrés dans les 10 ans qui suivirent la guerre[9].

En , onze Italiens sont lynchés par plusieurs milliers de personnes. La couverture de l’événement par la presse américaine fut largement complaisante, et les responsables du lynchage ne furent jamais poursuivis. Le New York Times félicita les meurtriers, car la mort des Italiens « accroissait la sécurité des biens et de la vie des habitants de La Nouvelle-Orléans ». Le Washington Post assura que le lynchage mettrait un terme au « règne de la terreur » qu’imposerait les Italiens. Selon le Saint Louis Globe Democrat, les lyncheurs n'avaient fait qu'exercer « les droits légitimes de la souveraineté populaire ». Le massacre eut de graves répercussions diplomatiques. L’Italie suspendit ses relations diplomatiques avec les États-Unis après le refus du président Benjamin Harrison d'ouvrir une enquête fédérale. La presse et la rumeur publique propagèrent l'idée que la marine italienne s’apprêtait à attaquer les ports américains et des milliers de volontaires se présentèrent pour faire la guerre à l'Italie. Les persécutions visant les Italiens se poursuivirent ailleurs en Louisiane ; six autres personnes sont tuées dans un lynchage en 1891[9].

Chronologie

XXe siècle

Signalisation routière bilingue à l'entrée de la Louisiane.
Signalisation routière bilingue à l'entrée de la Louisiane.

Le boom énergétique

La croissance économique et démographique se poursuit au XXe siècle, notamment dans l'Etat de Louisiane, tout au Sud de la puissante artère fluviale du Mississippi, où s'installent des raffineries après les deux chocs pétroliers de 1873 et 1980, qui voient se développer l'exploitation du pétrole brut dans les gisements à coûts plus élevés du Golfe du Mexique et dans le Texas voisin.

La francophonie revisitée

La région renoue un peu plus tôt avec ses racines historiques francophones. Ainsi à partir de 1968, le CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane), organisme d'État chargé de promouvoir le français en Louisiane est créé, à l'initiative de James Domengeaux, représentant (député) et avocat francophone. Par la suite, la Louisiane devient officiellement bilingue et l'enseignement du français comme deuxième langue à l'école devient obligatoire. Les lois de 1968 en faveur de la renaissance francophone sont votées à l'unanimité par la Chambre des représentants et le Sénat de la Louisiane.

Chronologie

  • 1916 : Interdiction d'utiliser le français dans les écoles et dans les foyers.
  • 1921 : La constitution louisianaise n'autorise l'usage que de la seule langue anglaise.
  • 1968 : Le CODOFIL est fondé à l'initiative de James Domengeaux;
  • 1971 : Edwin Edwards est le premier gouverneur francophone de la Louisiane au XXe siècle.

Bibliographie

  • Charles Gayarré, Histoire de la Louisiane, Magne et Weisse, New Orleans, 1885 (1re éd. 1846).
  • Antoine-Simon Le Page du Pratz, Histoire de Louisiane
  • Tugdual de Langlais, Marie-Étienne Peltier, Capitaine corsaire de la République, Éd. Coiffard, 2017, 240 p. (ISBN 9782919339471).

Notes et références

  1. Sturdevent, William C. (1967)
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an ao ap aq ar as at au av aw ax et ay "The Making of the American South: A Short History, 1500–1877", par J. William Harris, en janvier 2006. Editions Blacwell Publishing [1]
  3. a b et c "The Ozarks, land and life, par Milton D. Rafferty, page 126
  4. a et b « http://cyberacadie.com/index.php?%2Fdiaspora%2FLouisiane-Cadien-%2FCajun.html »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  5. a et b Richard Bizier, La Nouvelle-Orleans, , 344 p. (ISBN 978-1-4556-0975-8, lire en ligne), p. 20.
  6. a et b (en) Adam Rothman et Associate Professor of History Adam Rothman, Slave Country, , 296 p. (ISBN 978-0-674-01674-3, lire en ligne), p. 219.
  7. a b c d e f et g (en) United States. Works Progress Administration (La.), Louisiana; a Guide to the State ..., , 746 p. (ISBN 978-1-60354-017-9, lire en ligne), p. 695.
  8. a et b (en) Thomas Dionysius Clark, The Old Southwest, 1795-1830 : Frontiers in Conflict, , 335 p. (ISBN 978-0-8061-2836-8, lire en ligne), p. 165.
  9. a et b Frank Browning, John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, , p. 271, 378
  10. http://www.hnoc.org/pdf/LA_territorial.pdf

Annexes

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Articles connexes

Liens externes

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