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Au XVIIIe siècle

À la fin du règne de Louis XIV en 1715, une grande partie de la population est pauvre, croulant sous les charges et les impôts[1]. Lorsque le régent Philippe d'Orléans amorce le redressement économique du royaume, le commerce, l'industrie et l'artisanat connaissent un nouvel essor[1]. Alors qu'aux XVIe siècle et XVIIe siècle, les livres traitaient d'études ou de religion, ceux du XVIIIe siècle abordent des sujets plus frivoles tels que des récits de voyages, des almanachs, des récits érotiques ou des solennités (livres de fêtes) ; ils comportent, pour beaucoup d'entre eux, des illustrations en taille-douce[2]. Selon Roger Devauchelle, le métier de relieur n'aurait jamais été « plus honoré et plus lucratif » que pendant les premières décennies du XVIIIe siècle[1]. C'est vers 1740 que le terme « bibliophile » apparait[2]. À l'inverse, la fin de l'Ancien Régime se traduit par une nette décadence de la technique de reliure : pour faire face au grand nombre d'ouvrages à relier, certains artisans se contentent même de coller les dos des livres, sans les coudre[3].

Vers 1750, une reliure ordinaire au format in-12, couverte en plein veau, est tarifée 10 à 12 sols[4] (soit entre 7€ et 9€). Certains ateliers des plus productifs « dorent » 400 à 600 reliures par jour[4].

Décor des dos, des plats et des papiers de gardes

Les cuirs de couvrure utilisés pour les reliures de qualité sont le maroquin — de couleur rouge pour les reliures de luxe, mais aussi bleu, vert olive et citron — et le veau fauve (aussi appelé « veau blond »)[1],[5]. Le veau brun et la basane sont couramment utilisés pour les reliures de seconde main[1],[5]. Ces cuirs comportent généralement des défauts que les relieurs camouflent par des motifs de tâches noires faits à l'éponge, avec de la potasse ou de l'acide nitrique (ce qui finit par brûler le cuir)[1],[5]. Le maroquin à « grains longs », venu d'Angleterre et obtenu artificiellement[Note 1], est très utilisé entre la période révolutionnaire et l'époque romantique[7],[6]. Par souci économique, les premières « demi-reliures » apparaissent : leur dos est couvert de cuir — permettant de conserver une bibliothèque aussi esthétique qu'auparavant — et une grande partie de leurs plats sont couverts de papier[8].

Dos de reliures à nerfs du XVIIIe siècle.
Dos de reliures à nerfs du XVIIIe siècle.
Motifs de petits fers caractéristiques de ce siècle.
Motifs de petits fers caractéristiques de ce siècle.

Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, les dos des reliures font généralement toujours figurer les nerfs et sont toujours ornés de fleurons et fers d'angle[9]. Vers 1740, le fleuron central de chaque caisson d'entre-nerfs est remplacé par un motif floral avec tige et feuilles (généralement une grenade ou une acanthe)[9], et les fers d'angle prennent la forme de feuilles d'acanthe stylisées. Certains dos « plats », c'est-à-dire sans nerf apparents, sont décorés « à la grotesque » (avec répétition d'un même motif sur toute la surface), notamment sur les reliures de Padeloup[9]. D'autres décors sur dos plats viennent symboliser les nerfs par des filets dorés, en reprenant entre ces « faux-nerfs » les décors de caisson habituels[10].

Reliure « à la dentelle » réalisée aux petits fers par Derome, comportant notamment le motif « aile de chauve-souris » aux angles, ainsi que le « fer à oiseau » qui fit la renommée du relieur.
Reliure « à la dentelle » réalisée aux petits fers par Derome, comportant notamment le motif « aile de chauve-souris » aux angles, ainsi que le « fer à oiseau » qui fit la renommée du relieur.

Jusqu'à la fin du règne de Louis XIV, les fers à dorer traduisent l'éclat et la grandeur royale[11] : les motifs du « soleil », du visage stylisé entouré de rayons, des masques, sont très présents, mais également des motifs inspirés du règne animal ou végétal, comme des coquilles, des têtes de lion, des griffons, des feuilles de chêne ou d'acanthe[11]. Le style Régence (1700-1730) se caractérise davantage par la légèreté, la délicatesse et l'équilibre[11]. La reliure emprunte ses motifs décoratifs à la flore (notamment la feuille d'acanthe), à la dentelle, aux oiseaux, à la ferronnerie ou aux laques importées de Chine[1]. Le monde animal s'affirme dans une représentation figurative : ailes de chauves-souris, faunes, oiseaux, singes, dragons et chimères[11]. Les attributs guerriers laissent place aux thèmes évoquant la vie champêtre et bucolique : les jardins, la musique et l'amour[12]. Ces motifs se poursuivent avec plus d'importance et de lourdeur dans le style Louis XV (années 1720-1750)[12]. À l'attrait champêtre s'ajoute le goût de l'aventure et de l'exotisme, faisant écho à l'expansion coloniale européenne, notamment en Orient[12]. Les fers au motif « singe » de développent, de même que le motif « Rocaille » (courbes ouvragées inspirées de la nature, en forme de « C » ou de « S »)[12]. Enfin, le style Louis XVI tend vers plus de finesse et de simplicité, avec un regain d'intérêt pour les symboles de l'Antiquité (vases, urnes, aigles, chimères), concordant avec les fouilles récentes d'Herculanum et de Pompéi[12]. La nature est toujours représentée, mais de manière idéalisée[12].

Les relieurs font réaliser des plaques gravées pour la réalisation de reliures en série, comme les almanachs royaux[13],[14]. De petits formats, ces reliures sont souvent offertes à l'occasion du Nouvel An[15]. À la chute de la royauté, des plaques à caractère républicain ou patriotique viennent remplacer les armoiries[7]. Un grand nombre de reliures armoriées sont détruites au cours de la Révolution, et lorsqu'elles échappent à la destruction, il est alors fréquent que leurs armoiries soient recouvertes d'une mosaïque de cuir[16].

Selon Pascal Alivon, les reliures dites « à la dentelle », dont l'architecture fut composée au siècle précédent, viennent se confirmer et se populariser au point d'être considérées comme l'archétype du XVIIIe siècle, en y intégrant les thèmes floraux qui lui sont propres[17],[18]. Les relieurs Padeloup et Derome seront populaires pour ce type de décor[17]. Ce dernier devient célèbre pour sa marque du « fer à oiseau », qu'il intègre dans ses compositions[17]. Un autre type de décor caractéristique de ce siècle est le décor « mosaïqué », c'est-à-dire avec incrustations de morceaux de cuirs très fins et colorés sur le décor des plats[19]. Lemonnier se serait spécialisé dans ce type de décor[20],[21]. Ces reliures mosaïquées peuvent être à décor symétrique[Note 2], à compartiments réguliers [Note 3] ou figuratives [Note 4],[22].

Papier marbré au peigne du XVIIIe siècle comportant quelques volutes. Une roulette orne les chasses.
Papier marbré au peigne du XVIIIe siècle comportant quelques volutes. Une roulette orne les chasses.

Le motif de « peigne » des papiers marbrés de garde est conservé, évoluant en volutes et tourbillons, à trois ou quatre teintes, parfois plus, toujours dans une dominance de rouge[1] ou parfois de bleu[5]. Une doublure de « tabis » (soie légère) est aussi utilisée comme décor sur les plats intérieurs de certaines reliures de grand luxe[1]. Le tabis peut être parfois remplacé par une doublure de maroquin[10]. Les « chasses » (bordures des plats) peuvent alors être décorées d'une roulette ornée, pour border et rehausser ces contre-plats[1]. Les tranches du livre sont parfois dorées sur les reliures de luxe ; marbrées ou teintées en rouge ou en bleu sur les reliures plus ordinaires[5].

  • Décor de plat mosaïqué attribué à Antoine-Michel Padeloup.
    Décor de plat mosaïqué attribué à Antoine-Michel Padeloup.
  • Décor de plat mosaïqué attribué à Antoine-Michel Padeloup.
    Décor de plat mosaïqué attribué à Antoine-Michel Padeloup.
  • Reliure à la dentelle sur un almanach royal.
    Reliure à la dentelle sur un almanach royal.
  • Reliure en veau moucheté, aux armes de la duchesse de Brancas.
    Reliure en veau moucheté, aux armes de la duchesse de Brancas.

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Les titrages : premières pièces de titre

Pièces de titre rouges sur une reliure à nerfs.
Pièces de titre rouges sur une reliure à nerfs.

Au XVIIIe siècle, les premières pièces de titre apparaissent[23],[24],[25]. Il s'agit d'une pièce fine de cuir ou, plus rarement, de papier, de couleur unie et vive (rouge, vert…[25]), collée sur le dos de la reliure et sur laquelle est poussé le titre[26]. Elles deviennent nécessaires lorsque la peau de couvrure de la reliure comporte par exemple des motifs à forts contrastes (comme le motif « raciné ») ou lorsqu'elle est teinte en fauve[27]. Elles permettent ainsi de rendre le titrage plus apparent et plus lisible[26].

Le composteur est inventé à la fin du XVIIIe siècle.
Le composteur est inventé à la fin du XVIIIe siècle.

Le style Elzevier (ou Elzevir) est le plus employé pour la gravure des lettres à tige, et existe en six tailles, correspondant aux six principaux formats des reliures de l'époque : in-12 (format voisin des futurs livres de poche), petit in-8, grand in-8, petit in-4, grand in-4 et in-folio[4]. Les doreurs des XVIIe siècle et XVIIIe siècle sont généralement beaucoup moins attentifs à l'ordonnance des titrages qu'aux décors des plats et des caissons des dos : les titres sont souvent abrégés, peu compréhensibles, voire cocasses (par exemple : « Memo de Mojo » pour « Mémoires de Monsieur Joly »[4]).

Le composteur est inventé en Allemagne vers 1790[4], et importé rapidement dans le reste de l'Europe : ce fers large, sorte de mélange entre la palette du doreur et le composteur d'imprimerie, permet de composer des titrages complets, avec des jeux de lettres mobiles, pour les « pousser » ensuite, bien alignés, sur le cuir[4]. Le composteur permet aussi d'utiliser dorénavant le caractère Didot, qui est inventé à Paris dans les années 1780[4]. L'outil remplace peu à peu les anciennes « lettres à tiges » Elzevir qui contraignaient à composer les titrages lettre par lettre[4].

Quelques relieurs de renom du XVIIIe siècle

Portrait du relieur Roger Payne (en) en 1800.
Portrait du relieur Roger Payne (en) en 1800.

Luc-Antoine Boyet et Louis-Joseph Dubois (moins connu) sont les deux « relieurs du roi » en charge à la mort de Louis XIV en 1715[28]. Augustin Du Seuil succède à Dubois à ce titre, après avoir été l'élève d'Antoine-Michel Padeloup, en remettant à l'honneur le décor à encadrements aux filets des plats avec fleurons d'angles, qui fait sa renommée[28]. Padeloup succède quant à lui à Boyet[29].

Après la mort de Du Seuil en 1746, le titre de relieur du roi fut transmis successivement à plusieurs membres relieurs de la famille Anguerrand[30], puis à Pierre-Paul Dubuisson, qui succède à Padeloup en 1758[21]. Héraldiste reconnu, Dubuisson écrit également l'ouvrage Armorial des principales maisons et familles du Royaume en 1757[31]. L'atelier du relieur du roi reste actif jusqu'à l'emprisonnement des souverains[7].

Un certain Bradel aurait inventé ou utilisé pendant la période révolutionnaire, un procédé — en principe provisoire — de protection du livre : un cartonnage recouvert de toile ou de papier, dont le contenu est cousu sur ficelles ou rubans, en attendant d'être couvert en pleine peau[8]. Ce type de cartonnage a adopté le nom de reliure « à la Bradel »[8] (sans être à proprement parlé une reliure[8], puisque les ficelles ou rubans ne sont pas passés en cartons).

En Angleterre, Roger Payne (en) figure aussi parmi les relieurs les plus estimés du XVIIIe siècle.

Au XIXe siècle

Au cours de ce siècle, quatre périodes se distinguent en matière de styles de livres et de reliures[32],[33] :

Cette dernière période est considérée par l'historien du livre Robert Brun[34] comme « une des plus creuses de l'histoire du livre », représentant selon lui une « décadence indéniable »[32]. Le relieur Roger Devauchelle estime qant à lui que la période du pastiche compromet « pour un demi-siècle au minimum toute idée créatrice », mais a eu pour résultat « d'amener les doreurs à la perfection et à la virtuosité manuelle dans l'art de refaire tous les grands décors des époques précédentes »[35].

D'une manière générale, le XIXe siècle est marqué par une nette augmentation de la production du livre due au développement du machinisme, mais également par une diminution de sa qualité[36]. Les relieurs traditionnels ne travaillent plus qu'essentiellement sur des « beaux livres » aux tirages limités, puisque les éditeurs se tournent de plus en plus vers la vente de livres brochés aux couvertures attrayantes, dont les décors, imaginés par des artistes, sont adaptés au contenu de l'ouvrage[37],[38]. À partir de 1840, les reliures d'éditeurs (emboitages recouverts de percaline[39] ou papier, dorés et gaufrés au balancier) se multiplient. Certaines maisons d'édition, comme Mame ou Hetzel, font fabriquer leurs propres plaques gravées décoratives qu'ils utilisent sur un grand nombre de reliures[40]. Le livre devient progressivement un produit plus industriel[32],[38]. À l'aube du XXe siècle, les « artisans » relieurs développeront pour beaucoup une approche plus « artistique » de leur travail, contraints de s'adapter à cette nouveauté présentée par la reliure industrielle : la recherche d'une correspondance entre le décor de la reliure et le contenu de l’ouvrage à relier[41],[42].

Les livres sont principalement édités au format in-octavo, par souci économique[37], et les titrages sont poussés aux caractères Didot ou Elzévir[43]. Le papier utilisé pour l'impression des textes et des gravures, fabriqué à partir de fibres de bois, est beaucoup plus mince et plus blanc que celui fabriqué à partir de pâte chiffon, mais s'altère aussi plus rapidement (il est cassant, jaunit plus rapidement et se pique à l'humidité)[37]. En France, les peaux au grain long, très en vogue à la fin du siècle précédent, sont encore utilisées pour la couvrure des livres, de même que le maroquin à grain rond et le veau[44]. Les peaussiers proposent également une plus grande variété de teintes[44].

De 1800 à 1828

Pour le décor des reliures, certains motifs de style Louis XVI sont conservés jusqu'à la fin de l'Empire (1820), mais sont révisés dans leurs formes, au profit de lignes plus strictes, symétriques et rigoureuses[45]. Les motifs rappelant les conquêtes égyptiennes du général Bonaparte viennent côtoyer les motifs gréco-romains[45]. On trouve ainsi généralement sur les reliures des lauriers, palmettes, urnes, sphinx, chimères, pyramides, obélisques, lotus, etc.[46]. Bientôt, le régime impérial détermine un art officiel ostentatoire, aux louanges de l'Empereur : des motifs d'aigle, d'abeille, de lauriers, de « N » couronné, sont de mise, et l'exécution doit être parfaite[45]. Les plats et les dos des reliures doivent répondre aux mêmes règles de rigueur, par une symétrie absolue dans les encadrements à la roulette, et les fleurons poussés à l'or[45]. Les frères relieurs Jean-Claude et François Bozerian, bien que considérés comme peu enthousiastes vis-à-vis de cet art officiel[47], mélangent sur leurs reliures de luxe ces motifs imposés à des compositions plus personnelles[47],[48]. Leurs dos sans nerfs ou parfois décorés aux petits fers et aux pointillés dorés[49],[50], vont marquer en reliure la transition vers le style romantique[47].

Joseph Thouvenin, jeune relieur d'une vingtaine d'années et ancien élève de Bozerian le Jeune, devient célèbre dès la première année de la Restauration, en 1814[43], par la rigueur de sa technique[51]. Installé au passage Dauphine à Paris[43], l'atelier de Thouvenin compte environ seize ouvriers[43] et relie plusieurs milliers de livres par an (reliures d'art plein cuir, demi-reliures, avec des décors réalisés à la main ou au balancier)[43]. Le style de Thouvenin se caractérise par des décors « à la fanfare » modernisés, inspirés des reliures de la fin du XVIe siècle et du XVIIe siècle[51], et l'utilisation de plaques de métal gravé à gaufrer, notamment pour ses décors « à la cathédrale »[51], qui firent leurs premières apparitions vers 1820[38]. S'inspirant également du style anglais[52], Thouvenin travaille régulièrement pour l'écrivain et bibliophile Charles Nodier[38], sur des livres anciens détériorés dont il refait entièrement la couvrure et le décor, ou sur des rééditions à tirage limité[51].

L'un des contemporains de Thouvenin, René Simier, installé à Paris rue Neuve-des-Bons-Enfants puis rue Saint-Honoré[53], bénéficie du titre de « relieur de l'impératrice » en 1809[53], puis celui de « relieur du roi » en 1818[43],[53]. Son style est caractérisé par des décors à encadrements et à mosaïques, avec des motifs dorés exécutés aux filets, aux petits fers ou à la plaque[54].

De 1828 à 1840

Le style Restauration, en matière de décor de reliures, réemploie certains motifs du style Empire[52]. Les palmettes, par exemple, deviennent plus rondes, plus petites et plus légères[52]. Les étoiles, les lyres, les cygnes, coexistent avec des motifs néo-classiques de l'époque Louis XVI, comme les urnes (ici aux anses rectangulaires), des feuillages ou des bouquets et guirlandes fleuries[52].

L'art gothique atteint son apogée avec la parution de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, en 1831[54]. Des reliures décorées à la plaque ou aux fleurons inspirés de l'architecture gothique, dites « à la cathédrale » (avec figuration d'ogives, de rosaces, de fenestrages), sont exécutées massivement dans beaucoup d'ateliers[54], dont ceux de Thouvenin, de Simier, puis plus tard d'Antoine Bauzonnet[55],[56]. Les allures austères des décors de Bauzonnet, accentuées par les couleurs sombres de ses reliures, ont contrasté avec l'aspect plus riche de celles produites par les autres ateliers[54].

D'une manière générale, l'art du Moyen-Âge revient à la mode, de même que les motifs du XVIe siècle : les fers Alde et fers monastiques sont réemployés, et parfois allégés[57]. Par ce mélange de styles de diverses époques (médiévale, Empire…) naît une nouvelle génération de fleurons et de décors caractéristiques, qui ont en commun des traits amples et lourds[57]. Les fers sont souvent plus longs que larges, et symétriques : un même fer, ou fers de même style, en forme de cul-de-lampe, sont placés face à face en tête et queue du livre, reliés par des filets droits ou courbés[57].

De 1840 à 1870

Avec l'échec des Burgraves en 1840, le peuple se lasse des reconstitutions historiques et de la littérature romanesque et se passionne davantage pour les gloires impériales, la vie quotidienne (les métiers) et les questions sociales[58].

De 1870 à 1896

À la fin du XIXe siècle, l'artiste et éditeur anglais William Morris s'inspire du préraphaélisme, de la miniature médiévale et des incunables pour réformer la typographie et le décor du livre[59].



Du XIXe siècle, on retiendra les reliures de Purgold, de Bauzonnet et de Trautz, son gendre, cMarius-Micheletc. en France, et de Francis Bedford, Charles Hering, Charles Lewis, Robert Rivièreetc. en Angleterre.

Notes et références

Notes
  1. Le grain long est, comme son nom l'indique, très allongé, et obtenu par la pression de plaques ou de rouleaux gravés sur le cuir[6].
  2. Le décor mosaïqué symétrique comporte généralement un encadrement mosaïqué, parfois complété d'armoiries dans diverses teintes de mosaïques, de scènes ou de portraits peints[22].
  3. Le décor mosaïqué à compartiments réguliers comporte des incrustations aux formes simples et symétriques, de petites dimensions, couvrant l'ensemble du plat de manière répétitive à la manière d'un damier[22].
  4. Le décor mosaïqué figuratif se caractérise par un décor asymétrique comportant un élément reconnaissable comme un oiseau, une pagode ou un personnage dans un paysage exotique[22]. Le côté figuratif constitue une innovation en matière de décor des reliures au XVIIIe siècle[22].
Références
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  2. a et b Devaux, 1983, p. 151.
  3. Devaux, 1983, p. 200.
  4. a b c d e f g et h Devauchelle, 1995, p. 122.
  5. a b c d et e Devaux, 1983, p. 152.
  6. a et b Devaux, 1983, p. 342.
  7. a b et c Devaux, 1983, p. 201.
  8. a b c et d Devaux, 1983, p. 206.
  9. a b et c Devauchelle, 1995, p. 123.
  10. a et b Devaux, 1983, p. 153.
  11. a b c et d Alivon, 1990, p. 80.
  12. a b c d e et f Alivon, 1990, p. 81.
  13. Alivon, 1990, p. 86.
  14. Devaux, 1983, p. 180.
  15. Devaux, 1983, p. 178.
  16. Devaux, 1983, p. 202.
  17. a b et c Alivon, 1990, p. 98.
  18. Devaux, 1983, p. 166.
  19. Devaux, 1983, p. 176.
  20. « Atelier Lemonnier père et fils », sur reliures.bnf.fr (consulté le ).
  21. a et b Devaux, 1983, p. 192.
  22. a b c d et e Devaux, 1983, p. 175.
  23. « Reliure en maroquin orange à décor floral mosaïqué et fond pointillé d’or, Paris, atelier non identifié, vers 1760 », sur Reliures.bnf.fr (consulté le ).
  24. « Reliure en maroquin rouge à décor floral mosaïqué aux armes de Marie-Antoinette, reine de France, Paris, atelier non identifié, 1770 », sur Reliures.bnf.fr (consulté le ).
  25. a et b Devaux, 1983, p. 157.
  26. a et b « Extrait du Manuel Roret du Relieur - Pose des pièces de titre », sur Le Moulin du Verger (consulté le ).
  27. « Reliure en veau blond glacé à fine bordure, Paris, atelier de François Bozerian, vers 1797 », sur Reliures.bnf.fr (consulté le ).
  28. a et b Devauchelle, 1995, p. 124.
  29. Devaux, 1983, p. 191.
  30. Devauchelle, 1995, p. 125.
  31. Pierre-Paul Dubuisson, Armorial des principales maisons et familles du royaume, Wikisource (lire en ligne).
  32. a b et c Brun, 1969, p. 111.
  33. Alivon, 1990, p. 114-148.
  34. Maurice Caillet, Bibliothèque de l'École des chartes, (lire en ligne), « Robert Brun (1896-1978), note biographique », p. 355-358.
  35. Devauchelle, 1995, p. 7.
  36. Brun, 1969, p. 128.
  37. a b et c Brun, 1969, p. 115.
  38. a b c et d Fulacher, 2012, p. 170.
  39. Céline Essentiam, « La percaline, reine de l’ère de l’industrialisation du livre au XIXe siècle », sur Essentiam – La Maison des Livres Anciens, (consulté le ).
  40. Fulacher, 2012, p. 171.
  41. Fulacher, 2012, p. 173.
  42. Fulacher, 2012, p. 176.
  43. a b c d e et f Devaux, 1981, p. 40.
  44. a et b Devaux, 1981, p. 39.
  45. a b c et d Alivon, 1990, p. 115.
  46. Alivon, 1990, p. 115-116.
  47. a b et c Alivon, 1990, p. 116.
  48. « Reliure en maroquin citron à décor de bordure néo-classique, aux armes de Napoléon Ier, Paris, atelier de Jean-Claude Bozerian, vers 1805 », sur Base des reliures numérisées de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  49. « Reliure en veau blond glacé à fine bordure, Paris, atelier de François Bozerian, vers 1797 », sur Base des reliures numérisées de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  50. « Reliure à décor géométrique entièrement mosaïqué, Paris, atelier de François Bozerian, vers 1800 », sur Base des reliures numérisées de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  51. a b c et d Emmanuelle Toulet, « Joseph Thouvenin, naissance du style historiciste dans l’art de la reliure au XIXe siècle », sur Bibliothèque et Archives du Musée Condé de Chantilly (consulté le ).
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  53. a b et c « René Simier (relieur) », sur data.bnf.fr (consulté le ).
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  55. « Reliure de « Chefs d'oeuvre de Pierre et Thomas Corneille » (Paris, Furne, 1829) signée Thouvenin » (consulté le ).
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  57. a b et c Alivon, 1990, p. 132.
  58. Brun, 1969, p. 124-125.
  59. Brun, 1969, p. 136.

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

L'histoire de la reliure :

  • Yves Devaux, Dix siècles de reliure, Pygmalion, , 398 p. (ISBN 2-85704-024-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pascal Alivon, Styles et modèles, Guide des styles de dorure et de décoration des reliures, Paris, Artnoville, , 175 p. (ISBN 2-9504539-0-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Roger Devauchelle, La Reliure : Recherches historiques, techniques et biographiques sur la reliure française, Filigranes / Art & Métiers du Livre, (ISBN 978-2911071003) Document utilisé pour la rédaction de l’article

La reliure du Moyen Âge et de la Renaissance :

  • Jean Vezin, Évolution des techniques de la reliure médiévale, Impr. de la Bibliothèque Nationale, (ISBN 978-2-7177-1166-0)
  • Elisabeth Baras, Jean Irigoin et Jean Vezin, La reliure médiévale : trois conférences d’initiation, Presses de l'Ecole normale supérieure,
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La reliure des XVIIe et XVIIIe siècles :

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La reliure du XIXe siècle :

  • Henri Beraldi, La reliure du XIXe siècle, vol. 2, Conquet (Art & métiers du livre), , 253 p. (lire en ligne)
  • Henri Beraldi, La reliure du XIXe siècle, vol. 3, Conquet (Art & métiers du livre), , 381 p. (lire en ligne)
  • Henri Beraldi, La reliure du XIXe siècle, vol. 4, Conquet (Art & métiers du livre), , 523 p. (lire en ligne)
  • Sophie Malavieille, Reliures et Cartonnages d'éditeur en France au XIXe siècle (1815-1865), Promodis, , 272 p. (ISBN 978-2903181390)

Autres ouvrages :

  • Louis-Sébastien Lenormand, Nouveau manuel complet du relieur dans toutes ses parties, Bibliothèque nationale de France (Roret),
  • Robert Brun, Le livre français, PUF, Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Claude Adam, Restauration des manuscrits et des livres anciens, Puteaux, Erec, , 166 p. (ISBN 2-905519-00-2)
  • Collectif, Livres en broderies. Reliures françaises du Moyen Âge à nos jours. Exposition, Paris, BnF, Bibliothèque de l’Arsenal, 30 novembre 1995-25 février 1996, Bibliothèque nationale de France (Dollfus Mieg et Cie),

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